La Haute-Loire se lance dans les énergies renouvelables
Ce mardi 7 avril se clôt la semaine du développement durable. Zoom43 en profite pour s’interroger: comment concilier économie et écologie ? Réponse : en pratiquant la négawatt attitude qui consiste à faire la chasse aux kilowatts superflus. L’un des moyens d’action passe aujourd’hui par le développement au sein de l’habitat des énergies renouvelables. Des installations certes plus chères à l’achat mais qui séduisent de plus en plus en raison des aides proposées et surtout des économies qu’elles permettent de réaliser.
« Il est très important pour l’avenir de notre planète que les gens prennent conscience du défi énergétique qui nous attend dès aujourd’hui, insiste Laurence Guéroult, conseillère à l’Espace Info Energie de la Haute-Loire. Nous ne devons pas oublier que les dernières estimations scientifiques tablent sur une fin de nos réserves en pétrole d’ici à une quarantaine d’années, environ 70 ans pour le gaz. Sans parler des conséquences sur le réchauffement climatique ». Pour elle, face à une situation environnementale qui se veut préoccupante, l’heure est plus que jamais à la mobilisation collective et cela passe inévitablement par une optimisation du mode de consommation des énergies de la part de la population. « C’est ce que nous appelons la démarche négawatt, explique-t-elle. L’objectif est de diminuer le nombre de kilowatts consommés en adoptant au quotidien la bonne attitude. Par exemple, en achetant des ampoules ou appareils électriques à faible consommation. Le chauffage également, baisser de un degré la température ambiante, c’est 7% d’économies ». Une autre façon de diminuer le montant de sa facture énergétique réside aussi dans le choix de matériaux isolants performants afin de réduire au maximum les risques de déperdition de chaleur.
Quand économie rime avec écologie
Responsable d’un peu plus de 18% des émissions de gaz dits à « effet de serre », derrière les transports (26%), l’habitat est de fait au centre d’un véritable enjeu en matière d’éco-énergie. Pour encourager l’installation de systèmes basés sur l’utilisation d’énergies renouvelables, dont le coût initial est encore trop souvent rédhibitoire, la France a notamment mis en place depuis plusieurs années divers dispositifs de soutien au financement. Particulièrement en vogue actuellement, le chauffe-eau solaire individuel donne ainsi droit à un crédit d’impôt de 50% et, selon les cas, à une aide directe du Conseil régional d’Auvergne plafonnée à 960 euros. L’an dernier, en Haute-Loire, la moitié des 630 dossiers de demandes de subvention ayant transité par l’Espace Info Energie a concerné cette installation. Une installation avantagée auprès des particuliers par un investissement plus accessible – 7 000 euros en moyenne – et un rendu énergétique élevé permettant à une famille de quatre personnes de couvrir 50 à 70% de ses besoins. Autre source d’énergie encouragée à faire son entrée dans les foyers, le bois qui, au travers de chaudières à plaques ou granulés, se veut un mode de chauffage économique sur le long terme mais aussi et surtout écologique. Reste qu’à environ 20 000 euros l’installation, et malgré les mesures incitatives en vigueur, la demande est encore limitée.
Une place au soleil
Quant au photovoltaïque, bien que les aides aient disparu, à l’exception d’une participation au coût des études de faisabilité pour les professionnels et les collectivités, il continue néanmoins à séduire. Un attrait que l’on doit à la manne financière potentielle née de l’électricité produite par les panneaux solaires et pour laquelle EDF s’est engagée sur vingt ans à payer un prix cinq fois supérieur à celui du marché. En Haute-Loire, les agriculteurs lui montrent un intérêt grandissant et voient dans cette « activité » un complément à leurs revenus. Dernièrement, ils étaient ainsi une vingtaine à avoir répondu à l’invitation de la Chambre d’agriculture pour une journée d’information sur le sujet, suivie de la visite d’une exploitation à Ally (cf. photo). Pas moins de 800 m² de toiture photovoltaïque y ont été installés pour un investissement total de 500 000 euros et une production annuelle qui devrait atteindre les 100 000 kW. L’engouement est en tout cas bien réel et devrait encore s’accélérer dans les mois à venir en raison de la baisse vraisemblable, courant 2010, du prix de rachat du kWh (45 cts d’euro contre 60 actuellement) et applicable à toute demande postérieure à cette date.
Pour les professionnels du secteur, il s’agit là aussi d’une véritable aubaine. « Beaucoup d’agriculteurs nous ont confié avoir déjà été démarchés par des fournisseurs, explique Marie-Astrid Lombard, conseillère environnement à la Chambre d’agriculture. Ceux-ci leur proposent de financer des structures clé en main en contrepartie de l’électricité produite, et ce, pour une certaine durée dans le temps au terme de laquelle les bâtiments sont ensuite restitués gratuitement ». Et de prévenir: « certaines offres sont tout à fait honnêtes et lisibles mais d’autres moins. » En cas de doute sur un contrat, elle recommande de contacter la conseillère juridique de la Chambre d’agriculture.
