Développement durable : l’énergie solaire disponible pour tous !
C’est un rayon de soleil pour la préservation de l’environnement. Les panneaux solaires photovoltaïques – comprenez ceux qui fabriquent de l’électricité – pour les particuliers se diffusent de plus en plus dans le Pays rochefortais. C’est une éclaircie pour Fabien David, conseiller énergie auprès de l’Espace nature de la Communauté d’agglomération. Une tendance qui éclaire d’un jour nouveau les Journées européennes du solaire, organisées vendredi et samedi dernier.
« C’est la deuxième édition de cette manifestation, indique Fabien David. Une dizaine de panneaux photovoltaïques ont été installés sur le secteur. »
Rentabilité
Attention aux confusions toutefois. Dans la même famille, le panneau solaire thermique est beaucoup plus répandu. Mais sa mission diffère du tout au tout. « C’est un outil d’appoint qui couvre 70 % des besoins d’eau chaude et 30 % pour le chauffage, précise le conseiller. Mais ce n’est pas le plus adapté pour notre région. »
Les photovoltaïques le sont bien plus, et rentables de surcroît. « Plusieurs techniques existent. La plus avantageuse consiste à produire de l’électricité avec son installation et de la réinjecter vers le réseau EDF. La société vous la rachète environ 0,60 ? alors qu’elle vous la vend 0,10 ?, calcule Michel Bel, responsable de l’entreprise rochefortaise du même nom. Quand une installation classique vous coûte près de 20 000 euros, elle rapporte 2 500 euros par an. » Le calcul est simple, en dix ans le tout est rentabilisé.
Encore faut-il que le tout ait été réalisé avant la loi de juillet 2005 qui impose cette tarification. Une condition qu’Edmond Bois – il accueillait, à Saint-Laurent-de-la-Prée, une des portes ouvertes à l’occasion de la Journée du solaire – n’a pas remplie : « J’achète et je vends mon électricité à 0,10 ?. J’en ai pour trente ans. Mais bon, je l’ai fait dans un souci d’écologie. »
Et c’est bien là le moteur du développement. Entre 2004 et 2007, le nombre d’installations de ce type est passé de 30 à 140 dans la région Poitou-Charentes. Sachant que « le Pays rochefortais suit les mêmes tendances », assure Fabien David.
Les entrepreneurs se sont-ils infiltrés dans la brèche ? Pas vraiment, estime Michel Bel : « Nous ne devons pas être plus de trois ou quatre à avoir notre siège social dans le Pays rochefortais. » Et 42 en Charente-Maritime.
Un marché porteur
« J’espère que le marché va doubler dans les trois ans, explique le chef d’entreprise. En Allemagne, le photovoltaïque fournit 2 700 mégas watts mais seulement 33 en France. »
Des chiffres qui ouvrent des perspectives. « D’autant que les directives européennes et les centrales nucléaires en fin de vie vont développer le marché », parie Michel Bel. Conséquence, il essaie de varier son offre de produits estampillés « écologiques ». De la pompe à chaleur à l’éolienne individuelle.
Toutefois, Michel Bel n’a pas abandonné son corps de métier principal, à savoir chauffagiste. « Ce n’est pas encore une filière, assure-t-il. On ne peut pas faire que ça, même si je pense que notre métier va évoluer. J’effectue un mode de gestion, je ne gère pas la mode. »
Et c’est bien là l’essentiel. Le commerce guide toujours les choix derrière un souci écologique louable. Aussi éclairés soient-ils.